Tayeb Belmihoub.

Homme de radio, de télévision, comédien, auteur, philologue amoureux des mots et de leur sens, Tayeb Belmihoub tente à travers ses prestations scéniques, ses conférences et ses écrits de renouer avec le sens du sacré au quotidien.


Terrorisme, n.m. Virus mutant sans foi ni loi.

Les mots ont un sens et ils sont essentiels dans la propagation des idées.

Parler sans cesse d’Islamisme radical, s’agissant de terrorisme, et le définir comme une « branche de l’Islam » est extrêmement dangereux et par-dessus tout totalement inapproprié.

Le terrorisme que l'on qualifie, à tort, d'Islamisme radical n’est pas une « branche de l’Islam », le terrorisme n’est une branche de rien.

Le terrorisme, quel que soit l’habit qu’il revêt ou le nom qu’il se donne, est en réalité un virus « Un agent infectieux nécessitant un hôte dont il utilise le métabolisme et les constituants pour se répliquer ». Comme le virus, le terrorisme est un parasite, une forme extracellulaire très infectieuse qui finit par s’intégrer dans la cellule saine sous forme dormante et attend son heure pour se dupliquer…

Comme la Covid 19 qui se pose sur les corps les plus vulnérables, le terrorisme s’insinue dans les esprits les plus affaiblis notamment par la misère et l’ignorance, qui en sont le meilleur terreau.

Le vaccin contre le terrorisme, tous les terrorismes, reste l’éducation et la connaissance.

Mais rien n’est jamais gagné car ce virus là mute aussi et nous devons en permanence nous « actualiser » pour contrer ses récurrentes attaques. Là aussi, nous devons appliquer les gestes barrières pour se protéger de cette infection.

TRIBUNE – TAYEB BELMIHOUB

17 Octobre 2020

Et si notre façon d’informer et de réagir face à l’abomination des actes terroristes était à repenser ?

Nous venons une fois de plus de vivre l’inconcevable. Pour autant, je m’interroge sur la pertinence de donner une tribune aux Islamistes…

Si face à la terreur l’effroi est inévitable, la raison impose de ne pas offrir à ceux qui l’espèrent, la vue de notre souffrance et encore moins celle de notre peur. Notre nation souveraine dispose de tous les moyens légaux pour sanctionner les actes délictueux sans qu’il soit nécessaire de trop les « qualifier », au point que leurs « auteurs » perçoivent ces informations (sur leurs motivations) comme un véritable piédestal.

Pourrait-on imaginer que les faits soient relatés avec moins d’émotions, pourrait-on se résoudre à appliquer la loi, juste la loi, dans toute son impartialité, sa noblesse, sa rigueur et sa sérénité et, par cette loi, tenir à distance le monstre pour que jamais il ne puisse, de son vivant ou à titre posthume, être perçu par lui ou ses pairs comme un héros et/ou un martyr... ?

Par ailleurs, en tant que citoyen français de confession musulmane, je n’ai ni besoin ni envie d’exégètes invités sur les plateaux télé pour tenter d’expliquer et de démontrer inlassablement que jamais l’Islam n’a validé le moindre acte de barbarie… Les terroristes se moquent éperdument du Coran et du Prophète… le Néo-Islam qu’ils inventent leur suffit comme crédo et les médias comme caisse de résonance. Quant aux citoyens français dans leur grande majorité, je suis convaincu qu’ils ne doutent pas de la paix véhiculée par l’Islam pratiqué par plus de 6 millions de personnes mais j’accepte aussi, bien entendu, que nombre de nos concitoyens, de plein droit, se moquent éperdument de toute question religieuse, question que la République laïque et bienveillante relègue à sa juste place : l’intimité.

Le point commun, entre nous tous, reste donc le désir de vivre en toute sécurité et tranquillité au pays des droits de l’homme.

Pour autant, il me semble urgent de mettre en place, de façon résolue et pérenne, tous les moyens éducatifs, pour sortir de l’obscurantisme, ou éviter que n’y sombrent, les individus les plus vulnérables. Par exemple, en travaillant sur la restauration de l’Autorité dans le monde du football (malgré un désintérêt total de la Fédération ou des politiques tenus informés, voire alertés de nombreuses fois !) on en fait bénéficier toute la société civile : relation avec la police, l’employeur, les parents, les professeurs…

La République et ceux qui la dirigent peuvent compter sur bon nombre de français de confession musulmane : chercheurs, médecins, avocats, comédiens, agriculteurs, ouvriers, artistes, scientifiques, politiques, sportifs… qui ont, pour beaucoup, de nombreuses solutions à proposer sans être ni exégète, ni savant en Islam mais simplement préoccupés par le devenir de leurs pairs au sein de la République Française. Le temps des constats, des états des lieux, des analyses et sondages est révolu, il faut maintenant d’un côté mettre en place, ces nombreuses propositions éducatives et de l’autre appliquer strictement la loi française avec exigence et fermeté.


Un avis, une réponse, une information, un contact... C'est ICI