Extraits du livre "le Frabyle" Tayeb Belmihoub


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(...) Qu’est-ce donc aujourd’hui être Français ou Algérien ou Américain ? Les peuples du monde, dominés par le seul idéal économique d’une minorité mal pensante, subissent inexorablement l’invasion du dieu Dollar. Le dictat d’un libéralisme sauvage qui n’a jamais autant privé l’homme de liberté annonce le glas d’une humanité moribonde. L’animal a pris le pouvoir et pire encore, l’animal machine, l’intelligence artificielle dont pourtant le seul nom devrait inviter à une réflexion des plus urgentes.
Même les nationalités ont fait long feu et le principe métaphysique qui unissait en son temps les consciences de notre humanité est depuis longtemps tombé sous les balles du CAC 40, des stocks options et de la pensée unique.
Je suis Français, je suis Algérien, je suis… Je suis né sur une colline aux versants Algérien et Français. J’aurais tant voulu vivre pleinement et également ces deux cultures, maîtriser ces deux langues… La vie en a décidé autrement ! (...)




QU'EST-CE DONC AUJOURD'HUI ETRE FRANCAIS OU ALGERIEN OU AMERICAIN ?
(...) Il m’arrive parfois de vivre des moments de paix profonde à la vue d’un coucher de soleil, à l’écoute du rire d’un enfant, au bonheur d’une jeune femme qui offre fièrement la rondeur de son ventre pour preuve de sa maternité… Malheureusement, ces instants magiques sont de courte durée. Pas plus en France qu’en Algérie je ne me sens totalement chez moi bien que j’aime profondément et également ces deux pays. On prétend que l’on aime les gens plus pour leurs défauts que pour leurs vertus. A ce titre, l’Algérie ne manque pas de matière à se faire aimer… (...)


QU'EST-CE DONC AUJOURD'HUI ETRE FRANCAIS OU ALGERIEN OU AMERICAIN ?
(...) Ces merveilleux souvenirs m’ont fait prendre conscience que si la France s’est toujours adressée à ma tête, l’Algérie s’est souvent adressée à mon cœur. J’ai la chance que mes « origines » m’apportent autant d’instants de paix malgré les vicissitudes de mon statut d’étranger permanent. L’essentiel, après tout, est peut-être d’aimer les lieux et les gens que l’on rencontre en essayant de ne jamais perdre de vue que tout n’est que transitoire. Peut-être faut-il apprendre à rester de passage, ne jamais se figer, se fixer… Comment a-t-on pu, de façon si péremptoire, tracer la carte du monde sans la moindre conscience de notre vacuité ? (...)

Commentaires (0) | Rédigé par Tayeb Belmihoub le 23/12/2009 à 14:34

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