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L’Algérie… Ni Pute, ni soumise !

Les autorités Algériennes décident de se pencher sur l’éventuelle criminalisation de la colonisation Française en Algérie. Qu’on ne se méprenne pas sur la démarche et avant de lancer l’anathème, faisons confiance à l’Algérie pour ne pas confondre la France, incarnée par son peuple et l’Etat français qui, malheureusement, a révélé parfois une fragilité dévastatrice. Heureusement, l’Etat n’est pas la France et le peuple, même s’il est parfois indignement représenté par ses pseudo-élites, ne saurait être moralement ducroire de ces errances. Vichy résonne encore tristement des cris étouffés de ses victimes.

Si l’Algérie entend demander des comptes, c’est que l’Etat français, loin de s’humilier de ses dérives coloniales, persiste et signe dans sa démarche en fuyant son devoir par un cynisme inqualifiable, accouchant du projet de loi visant à enseigner les aspects bienfaiteurs de la colonisation. L’inacceptable se pare de l’inconcevable.

Mon père, qui a été décoré pour ses faits d’armes à Monte Casino avant d’être soldat du F.L.N, a pu mesurer tout au long de sa vie le niveau d’ignominie des meurtriers de sa terre. Les électrochocs qu’on lui a infligés pour le soigner du traumatisme de la guerre faite pour libérer la France lui ont valu les remerciements de l’Etat Français sous forme du massacre de ses frères algériens, acculturés, humiliés, torturés, colonisés pour le seul prestige de l’empire. Oui l’état Français a commis des crimes et je le répète, l’Etat Français, ça n’est pas les Français !

Je le sais d’autant mieux que ma mère « Française de souche », chtimi de Lille a défendu corps et âmes les algériens opprimés par son Etat pendant cette guerre et même avant qu’elle ne devienne une aussi sale guerre. Si l’Etat Français n’a rien à craindre ni à se reprocher, il se soumettra encore plus volontiers aux commissions d’enquêtes et aux jugements des tribunaux internationaux souverains en la matière.

Dire qu’il faut tourner la page est d’autant plus facile pour celui qui l’a écrite et dont les mots tachent de sang les feuillets jaunis de l’histoire. J’ai honte et j’ai mal de l’incapacité de nos gouvernances successives à ne pas avoir la Grandeur de demander pardon, à moins que leur seule crainte ne soit d’ordre économique et que la facture à payer pour compenser les déséquilibres ne soit trop lourde.
Soyez sans crainte messieurs les négationnistes, vous ne paierez jamais la facture car aucune vie humaine injustement opprimée ou supprimée ne sera jamais indemnisable sauf peut-être par l’expression d’un sincère repentir. Pour le reste, sachez que mes semblables et moi-même, victimes du drame de cette erreur humaine sommes prêts à pardonner vos fautes quand votre contrition aura fait place à votre cynisme, parce que nous savons une chose depuis plus longtemps que vous l’ignorez : Pardonner c’est vaincre.

Alors messieurs, faites un effort, le seul qui puisse vous rende votre dignité et offrir aux uns et aux autres de reconstruire ensemble un avenir commun par la transmutation d’une souffrance commune, celle du bourreau qui s’humilie de sa faute et de sa victime qui le relève de son pardon.

Commentaires (0) | Rédigé par Tayeb Belmihoub le 17/02/2010 à 19:08

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